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Canadian Multicultural Education Foundation
Students from Central Africa
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Handbook

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Central Africa Handbook

Comments and suggestions from readers and users will be appreciated. Please send them to: Earl Choldin.

 

Interagir avec les élèves et familles du Burundi, du Rwanda, du Cameroun et de la République Démocratique du Congo

Paulin Mulatris, PhD
Mireille Isidore, M.Ed.

Note: There is a workbook section that is not inculded on this webpage, but it available in the printable PDF version of this resource.



Introduction

Le Burundi, le Cameroun, le Congo et le Rwanda sont des points de départ d’une immigration francophone qui contribue de façon progressivement importante à la population scolaire albertaine. Comme on ne peut le deviner, une telle arrivée suscite des défis particuliers qui concernent aussi bien ces familles elles-mêmes que les milieux scolaires qui accueillent les jeunes.

Les familles et les élèves doivent, en effet, intégrer un environnement scolaire et social basé sur une culture, une langue, des accents vraiment différents, etc. En vue d’aider les enseignements à mieux accompagner ces élèves et les familles dans ce processus d’adaptation, la CMEF (Canadian Multiculturel Éducation Fondation) et l’ATA (Alberta Teachers' Association) ont développé cette (première) ressource en français; la cinquième d’une série dont les premières éditions ont porté sur les élèves issus de la Somalie, du Soudan du Sud, sur les réfugiés du Karen et sur les familles arabes.

La rédaction d’une telle ressource n’a été possible que grâce à une collaboration avec quelques enseignants, intervenants communautaires et étudiants de la faculté Saint-Jean (qui ont pour la plupart transité par le système scolaire albertain). Nous profitons de cette occasion pour les remercier, tous : Georges Bahaya, Sylvie Dassylva, Yao Datte, Simone Desilets, Rahimatou Founjouom Fougnonet, Monique Gravel, Floxelle Ininahazwe, Marc Piquette, Jean-Daniel Tremblay, Rodrigue Tempfack, Patrick Waka. Nous les en remercions.

Les pays rassemblés dans cette ressource couvrent un vaste ensemble géographique qui, même si la langue française en forme le trait commun, a des spécificités culturelles non négligeables pour l’enseignant. Même si les familles immigrantes venant de ces pays sont majoritairement concentrées dans les grandes villes albertaines (Edmonton, Calgary), on les retrouve aussi en petits nombres dans la plupart de petites villes (Brooks, Lethbridge, Grande-Prairie, Fort McMurray, Red Deer, etc.). Il faudra aussi noter que le caractère récent de cette immigration fait que les ressources communautaires (magasins, salons de coiffure, restaurants) ne sont pas toujours organisées par pays; elles sont souvent partagées et même anglophones.

Il nous a semblé important de nous arrêter d’abord sur les spécificités culturelles de ces immigrants par pays d’origine avant même de couvrir les aspects touchant la vie scolaire en Alberta.

 


Le Burundi

Bref aperçu géographique et historique

Géographie

Le Burundi se situe au centre-est de l’Afrique et couvre une superficie de 27 830 Km². Bujumbura en est la capitale. Le Burundi fait frontière avec le Rwanda au nord ; la Tanzanie à l’est et au sud; le lac Tanganyika et le Congo (DRC) à l’est. Le Burundi compte à peu près 10,163000 habitants ; c’est un pays montagneux propice au travail agricole. La densité de la population est une des plus fortes en Afrique.

Bien avant la colonisation allemande et belge, le royaume du Burundi fut toujours dirigé par le roi Ntare Rushatsi Cambarantama et ses descendants. Les premières présences des explorateurs et missionnaires européens remontent à 1856. C’est le 6 juin 1903 que le pays et tous les contours du Lac Tanganyika entrèrent sous la domination allemande. Avant la colonisation Belge, la contrée fut connue sous le nom de Ruanda-Urundi. Après la deuxième guerre mondiale le territoire Ruanda-Urundi fut confiée l’autorité administrative belge et sous la tutelle de l’ONU. Le fils du tout dernier roi Mwambutsa VI, le prince Louis Rwagasore (assassiné en 1961), contribua énormément à l’obtention de l’indépendance du pays en 1962 qui en fut un territoire séparé du Rwanda. La monarchie a été abolie par le président Michel Micombero en 1966.

Le Burundi est depuis lors une démocratie présidentielle ; il a connu plusieurs conflits de pouvoir à base interethnique (1965, 1972, 1988, 1994, assassinat du président Melchior Ndadaye en 1993 etc.) entrainant des déplacements réguliers et importants de la population. En vue de sceller la paix, sous l’égide de l’ONU, un accord entre différents partis politiques est signé le 28 août 2000 est signé à Arusha (Tanzanie). Mais cet accord qui a contribué à assurer tant soit peu la stabilité du pays reste encore fragile et des crises politiques ont continuellement lieu.

Ethnicité et langues

Le Burundi compte principalement groupes ethniques: les Twas, les Tutsis et les Hutus. Les « Twas » sont considérés comme les groupements autochtones du pays ont un accent différent dans leur façon de parler le Kirundi, langue vernaculaire du pays. Les Tutsis - éleveurs par tradition– et les Hutus - agriculteurs par tradition. Par le fait des mariages ou de changements des modes de vie, les frontières entre ces deux groupements ne sont pas strictes. On peut parfois entendre qu’un Hutu qui acquiert un troupeau devient Tutsi. En marge de ces groupes, on trouve une aristocratie traditionnelle basée sur des liens de sang : les « Mwamis » (rois) et les « Baganwas », descendants des familles royales du pays. Les pratiques de mariage sont endogamiques au sein de ces deux derniers groupes.

Religion

Le Burundi est connu comme un pays chrétien (catholiques 60 %, protestants 15 %) mais il est composé aussi d’un grand nombre de musulmans (2 % à 5 %), d’adeptes des religions indigènes (20 %).

Nourriture

Les Burundais consomment plusieurs sortes de nourriture que partagent la plupart de régions tropicales du monde, comme: le riz, les haricots, les épinards, les poissons etc. Tous ces produits peuvent être trouvés dans les magasins spécialisés dans les produits africains, particulièrement dans les épiceries africaines sur la 107ème avenue ou sur la 118ème avenue à Edmonton.

Structure sociale, familiale

Au Burundi une famille typique est composée d’un homme, sa femme et ses enfants. A ce noyau s’ajoutent les grands parents et cousins ou neveux, etc. La famille repose encore sur l’homme qui doit gagner le pain pour sa famille. Même si des changements ont lieu l’idée qu’une femme gagne plus que son mari est encore très mal perçue dans la société. La femme est encore vue comme une personne qui reste à la maison pour prendre soin de son foyer.

Éducation

Le taux d’alphabétisation est de 67 %. Le français est la seconde langue officielle au Burundi. Elle est aussi la langue de l’administration et de l’enseignement. Le système d’éducation est calqué sur celui de la France. Tout commence par la maternelle et l’école primaire qui va de la première année à la sixième année. Ensuite il y a le secondaire, de la septième à la treizième année. Pour pouvoir passer du primaire au secondaire, l’élève doit réussir un concours national après la sixième année du primaire. Ce concours détermine le genre d’école secondaire que l’élève peut fréquenter en fonction de ses résultats.

Deux lycées sont considérés comme les meilleurs : le Lycée de Saint-Esprit et le Lycée du Lac Tanganyika. Généralement, l’élève choisit le domaine dans lequel il voudra se spécialiser plus tard à l’université pendant qu’il fréquente encore l’école secondaire. En dixième année du secondaire, l’élève doit indiquer trois options parmi cinq choix (Lettres, études scientifiques, études économiques, études techniques et études pédagogiques) qui lui sont proposés pour ses études postsecondaires. De là, les enseignants déterminent les cours dans lesquels ils placeront les élèves pour les années terminales du secondaire ; ce, en fonction de leurs résultats scolaires et des domaines choisis.

La mémorisation joue un grand rôle dans l’apprentissage. La langue et l’accent peuvent représenter des défis pour le jeune élève burundais; car, au Burundi, la majorité des enseignants sont Burundais et partagent le même accent français. Au Canada, il y a déjà une multitude d’accents différents dans la langue française. Ceci peut être un défi scolaire car la majorité du temps passé en classe peut être écoulé en essayant de s’ajuster à l’accent du professeur plutôt qu’à comprendre ce qui est expliqué.

Les immigrants burundais en Alberta

Les troubles sociaux que le pays a connus au cours des dernières années ont poussé plusieurs burundais à migrer hors du pays. Le Canada est une des destinations de ces migrants que l’on retrouve dans la majorité des provinces canadiennes. Dans le cas de l’Alberta, le nombre d’immigrants burundais s’est particulièrement accru au cours de ces dernières années. En 2006, ils représentaient le septième groupe le plus important d’immigrants francophones en Alberta. Plusieurs de ces immigrants sont installés à Calgary.

Les ressources communautaires

A Edmonton, il y a une Association de la communauté burundaise depuis plus de cinq ans (Communauté Burundaise d’Edmonton). Elle aide les nouveaux arrivants Burundais à s’intégrer. Elle organise des évènements qui créent des opportunités de socialiser avec les autres Burundais qui résident déjà dans la ville. De même les groupes culturels Umuco (Calgary) et Inyambo (Edmonton) perpétuent les danses traditionnelles burundaises ; car dans les traditions burundaises, les danses féminines (Urwedengwe, Ihunja, Umutsibo, Amarwandama, etc.) ou masculines (ingoma, agasimbo, ou danse acrobatique du Buragane, Intore ou danse-parade des guerriers, Umuyebe) ont des significations importantes.

Quelques dates importantes sont à retenir

  • 5 février Unité nationale
  • 1er juillet Indépendance
  • 13 octobre Assassinat du prince Rwagasore, héros de l’indépendance
  • 21 octobre Assassinat de Melchior Ndadaye, héros de la démocratie

Sources

 


Le Rwanda

Sur bien d’aspects culturels (habitudes alimentaires, langues vernaculaires) et sociaux (structure familiale, structure sociale), le Rwanda est très proche du Burundi. Ces similarités se retrouvent aussi sur des aspects géographiques.

Aperçu géographique et historique

Le Rwanda est très proche du Burundi du point de ses aspects géographiques. Il a une superficie de 26 338 km2. Avec près de 10000000 d’habitants, le Rwanda est le pays le plus densément peuplé de l’Afrique. Il a pour capitale Kigali. Comme la RD Congo et le Burundi, il se situe dans la région des Grands Lacs africains. Le Rwanda fait frontière, au nord, avec l'Ouganda; à l'est, avec la Tanzanie; au sud avec le Burundi, et à l'ouest, avec la République démocratique du Congo. Comme le Burundi, le relief du pays est très accidenté. La majorité de la population est rurale et vit sur des collines. Le climat du pays est essentiellement caractérisé par deux saisons des pluies (février à avril, novembre à janvier).

Avant la présence occidentale, le Rwanda était une monarchie dirigée par la dynastie des mwamis (rois) Banyiginyas, qui a régné jusqu'en 1960. Les Allemands sont les premiers colonisateurs du Rwanda; un traité pacifique de protectorat a été conclu en 1898 et la première mission des Pères blancs a été établie en 1900. Après la première guerre mondiale, les Allemands se retirent de la région en 1916; le territoire Ruanda-Urundi - couvrant le Rwanda et le Burundi – est alors placé sous mandat belge par la Société des Nations (SDN) en 1924 et rattaché au Congo belge; une certaine autonomie lui est cependant reconnue.

Les Belges ont conservé le régime de la monarchie traditionnelle tout en modifiant son mode de fonctionnement. Le système (redevances-prestations) de gestion des terres sera aboli de même que l’administration des districts, ils en dénaturent complètement la signification. En 1931, le mwami Musinga est destitué. Il est remplacé par son fils, baptisé dans la religion catholique. La monarchie est abolie le 28 janvier 1961 date de la proclamation de l’indépendance de la République du Rwanda avec l’appui de la Belgique.

Un référendum organisé en septembre 1961 confirmera ce choix. Comme pour le Burundi, l’indépendance du pays sera proclamé le 1er juillet 1962; les deux pays (Rwanda et Burundi) refusant de former une seule entité étatique, comme le souhaitait l’ONU. Ces changements dans les structures administratives du Rwanda ont causé plusieurs tensions politiques qui ont résulté en violence et déplacements de la population depuis les années 1950, et dont les plus récents sont ceux de 1994 marqués par le génocide des Tutsi entre avril et juillet à la suite de l’assassinat du président Habyarimana.

Religion

Les Rwandais sont en majorité catholiques (65 %). Les adeptes de religions traditionnelles représentent 17 % de la population, les protestants, 9 %; et les musulmans, 9 %.

Ethnicité et langues

Le Rwanda partage les mêmes caractéristiques avec le Burundi du point de vue de la structure ethnique. En effet, comme au Burundi, la population rwandaise a 3 composantes : Hutu, Tutsi, et Twa (Pygmés). L'organisation de la société été basée sur deux ressources importantes, l'agriculture et l'élevage, gérées en suivant des règles extrêmement précises du fermage-métayage, portant sur les troupeaux et les terres. Le Rwanda avait jusqu’en 2008 trois langues officielles : le kinyarwanda (langue bantoue), le français et l'anglais.

Depuis 2008 le français a cessé d’être une langue officielle. Le swahili est utilisé dans les échanges avec les pays de la région (Congo, Tanzanie, etc.). Comme tel, le kinyarwanda est une langue très proche du Kirundi ; la seule différence relève des accents régionaux.

Éducation

Le système d’éducation rwandais est organisé sur le modèle belge. Au départ, il y a la scolarité primaire qui va de la 1ère à la 6ème année. Les jeunes commencent généralement à l’âge de 6 ans. Au cours des trois premières années l’enseignement se fait en Kinyarwanda puis progressivement en Anglais. Il faut noter que l’anglais a remplacé le français dans l’enseignement depuis 2009. A la fin du primaire les élèves sont soumis à un examen national pour obtenir un certificat qui les conduit à un programme de transition (tronc commun) de trois ans. Ensuite vient le second cycle de 3 ans, pour les élèves de 17 à 19 ans. Ce cycle comprend trois filières : générale, technique (électricité, menuiserie, plomberie, construction et électronique, mécanique), et professionnelle (soins infirmiers, agriculture, foresterie, comptabilité, secrétariat, services sociaux, juridiques et administratifs, hygiène et santé, travail de laboratoire, alimentation et tourisme).

A la fin de ce parcours, les élèves qui ont obtenu suffisamment de points peuvent accéder à l’Université. Ceux qui ont échoué au collège public, peuvent, s’ils ont les moyens financiers, s’inscrire au collège privé pour continuer leurs études. Le Rwanda affiche un taux d’alphabétisation élevé dans la région : 71,1% dont 74,8% pour les hommes et 67,5% pour les femmes.

Les immigrants rwandais en Alberta

La violence connue par le pays en 1994 a entrainé un grand déplacement de la population rwandaise hors de ses frontières. Ces déplacements se sont ajoutés à différentes autres vagues enregistrées depuis les années 1950. Dans le cas de l’Alberta, timide à la fin des années 1990, la présence rwandaise s’est accélérée dans au début des années 2000. Les estimations associations rwandaises indiquent que près de 2500 à 3000 Rwandais se sont installés dans la région d’Edmonton un peu moins à Calgary (près de 500 membres). Comme pour la plupart d’immigrants africains, la majorité de ces ressortissants rwandais sont jeunes.

Ressources communautaires

  • RCSC (Rwandan Canadian Society of Calgary)
  • RCCE (Rwandese Canadian Community of Edmonton): association parapluie qui organise les activités culturelles et sociales de la communauté rwandaise; c'est elle qui convoque annuellement la réunion communautaire avec toutes les autres associations pour mettre en place un calendrier des activités communautaires rwandaises
  • DIASPORA: une association qui organise des activités pour promouvoir l'image du pays.
  • CARY Edmonton: une association des jeunes qui met en place des activités pour informer les jeunes (ateliers sur l'éducation, comment gérer les finances, etc.)
  • MKA (Memory Keepers Association): une association qui s'occupe de tout ce qui a attrait à la commémoration du génocide du Rwanda

Une église

Victory and Restauration International Ministeries

Les troupes de danse

Il existe trois principaux groupes de danse : Imena et Izuba (troupes de danse des femmes) et Utunyange (une troupe de danse des filles)

Quelques importantes

  • 7 avril genocide commemoration
  • 1er juillet, commémoration de l’indépendance
  • 4 juillet, liberation day

Sources



Le Cameroun

Bref aperçu géographie et historique

Le Cameroun est situé en Afrique centrale et couvre une superficie 475 442 km2. Le pays a une population d’environ 20 386 799 d’habitants. Il se situe fond du golfe de Guinée et s’étire de l’Atlantique au Lac Tchad. Le Cameroun partage ses frontières avec le Nigéria à l’Ouest et au Nord-Est, le Tchad au Nord et au Nord-Est, la République Centrafricaine à l’Est, le Congo (Brazzaville) au Sud-Est et au Sud avec le Gabon et la Guinée Équatoriale.

Le Cameroun comprend 10 provinces, 58 départements, 275 arrondissements et 53 districts. La capitale politique du pays est Yaoundé. Douala en est la capitale économique. Le relief camerounais est assez diversifié, on y retrouve des régions de hautes terres que sont les Mandara au Nord, le plateau de l’Adamaoua au centre. À l’ouest les hauts plateaux qui se prolongent vers le Sud-Ouest jusqu’à l’océan Atlantique par une chaîne montagneuse dont le principal sommet est le mont Cameroun. Le pays compte aussi quelques plaines dont principalement les plaines côtières, la plaine du Tchad, la plaine du Diamaré et les cuvettes de la Benoué. Le Cameroun a deux climats : le climat équatorial et le climat tropical. Le climat équatorial est caractérisé par des précipitations abondantes, des températures élevées et stables et une végétation se dégradant au fur et à mesure qu’on s’éloigne de l’équateur. Cependant, le climat tropical se distingue par des températures élevées et des pluies peu abondantes.

L’établissement de la capitale du pays, Yaoundé, peut être attribué à l’arrivée des commerçants allemands qui se sont installés dans la région pour le commerce de l’ivoire en 1888. Depuis ce temps, les Français, les Britanniques, les Hollandais et les Allemands ont successivement contrôlé des parties du Cameroun. Le nom « Cameroun » vient des explorateurs portugais qui ont atteint la rivière Wouri en 1472 et l’ont surnommée « Rio dos Camarões » (la rivière des crevettes). Ensuite les Allemands ont utilisé le mot « Kamerun», les Français «Cameroun» et les Britanniques « Cameroon ».

C’est dire que le pays a connu trois régimes coloniaux. Les anciens royaumes (Bamoun, Adamaoua, Garoua) ont été sous la domination allemande sous le nom de Kamerun au XIXe siècle; à l’issue de la Première Guerre mondiale, le territoire a été placé sous la tutelle de la Société des Nations et partagée sous une administration française (Est) et britannique (Ouest). La première a acquis son indépendance en 1960 et la deuxième en 1961. Les deux parties ont été rassemblées en une entité étatique unique depuis 1961. Le drapeau camerounais est tricolore et fait de 3 barres verticales de couleur verte (gauche), rouge (milieu) et jaune (à droite) avec une étoile jaune à 5 branches au centre de la bande rouge. Ces couleurs représentent le panafricanisme : le vert pour les forêts luxuriantes du pays, le rouge pour l’unité et le jaune pour le soleil.

Religion

Le Cameroun est un état laïc dans lequel il y a séparation entre l’État et la religion. Plusieurs religions sont pratiquées dans le pays.

  • Le christianisme (70%) dont 38,4% des catholiques et 26,3% des protestants principalement dans le Littoral, une grande partie du Sud du pays et les provinces anglophones (Nord-Ouest et Sud-Ouest)
  • Orthodoxe (0.5%)
  • Autres chrétiens (4%)
  • Islam (20,9%) dans le Nord Cameroun (L’Adamaoua, le Nord et l’Extrême-Nord) et dans l’Ouest (majoritairement le peuple Bamoun)
  • Religions traditionnelles- animisme - (5,6%) dans la région de l’Ouest, du Sud et de l’Est.

Nourriture

Il existe une grande quantité de variétés culinaires, et chaque région a une spécialité. Il existe de nombreux plats régionaux que tous les camerounais arrivent à faire même s’ils ne font partir de ces régions données comme le poulet DG, le ndolè, le poisson braisé, la sauce d’arachide, le miondo, les bôbôlos pour ne citer que ceux-là. Quelques spécialités culinaires régionales connues sont:

  • dans la région du Centre : le mbongo tchobi ou sauce ébène ou encore sauce noire; du mboam kpem (feuille de manioc) et le kpem sans sel (feuilles de manioc mais cuisinées différemment).
  • dans l’Ouest, le Kondrè et le nkui chez les bamiléké et chez les bamoun, le phèn japche (le couscous de farine et une sorte de légume).
  • dans la région du Nord-Ouest et du Sud Est, les plats principaux sont le taro et la sauce jaune et l’eru (héroh), cependant dans le sud, on retrouve le sanga et l’ovianga (viande de brousse).
  • à l’est, on y retrouve des mets de pistache et le ngwende wound ou le met d’arachide.
  • les plats de la région du nord sont basés sur des produits comme le sorgho et le mil. Ces produits sont utilisés pour faire de la bouillie et du couscous consommé avec différentes sauces.
    La plupart de ces produits sont disponibles dans les épiceries africaines sur la 107ème avenue ou sur la 118ème avenue.

Structure sociale, famille

Les chefferies traditionnelles jouent un rôle crucial et fondamental dans la vie politique, culturelle et sociale du pays. Ces chefferies traditionnelles ont à leurs têtes des chefs Lamibé (Lamido) des villages (lamidats) au nord du pays; il existe encore un royaume à Foumban (à l’Ouest) qui a à sa tête un sultan. La femme est considérée comme le ministre de l’intérieur dans le cadre familial et c’est l’homme qui est le ministre de l’extérieur. Dans les zones rurales par exemple, les travaux champêtres sont majoritairement réservés aux hommes, et les femmes s’occupent des travaux de la maison comme faire la cuisine, s’occuper des enfants et bien d’autres. Mais avec le développement du pays, les femmes commencent à occuper des places importantes dans la société sans pour autant être mal perçues.

Langues et Ethnicité

Le Cameroun est un pays officiellement bilingue. Les deux langues officielles du Cameroun sont le français et l’anglais. Toutefois, le pays compte plus de 250 dialectes reliés aux langues nationales parmi lesquelles on trouve le Bamoun, le Foulbé, le Haoussa, le Yabassi, le Douala et bien d’autres. Outre les Pygmés considérés comme le peuple autochtone du pays, on peut distinguer plusieurs différents groupes socioculturels classifiés en 3 grands groupes : - au nord, les 2 principaux groupes ethniques sont les Foulbés (ou Peuls) et les Kirdi; dans l’Ouest, le peuple Bamiliké est le groupe ethnique le plus présent. On rencontre aussi le peuple Tikar descendant de la population du Nord et le peuple Bamoun; - au sud du pays, on retrouve les groupes ethniques de la zone forestière du sud, centre et est qui sont : les Beti, les Boulous et les Atons; - tandis que les Sawa habitent les zones côtières; les Bassa, les Yabassiens et les Dibom occupent le centre-ouest.

Éducation et alphabétisation

Le système éducatif camerounais a hérité deux modèles : le système scolaire britannique et système scolaire français. Tout est fonction de l’endroit habité ou tout simplement du choix d’éducation. Ce système comporte 3 types d’enseignements : l’enseignement de base (maternelle au primaire), l’enseignement secondaire (lycée ou collège/« high school ») et l’enseignement supérieur (université). L’enseignement secondaire est divisé en 2 : l’enseignement général et technique. On y trouve des écoles publiques qui relèvent du domaine de l’État et des écoles. Selon la Banque Africaine de Développement (BAD), le taux moyen d’analphabétisme est de 23%. Il touche davantage les femmes en raison de coûts de scolarité, de la forte demande de main d’œuvre féminine pour les travaux ménagers et agricoles, ou du fait que celles-ci sont appelées à se marier tôt.

Les immigrants camerounais

En 2012 (49) et 2013 (77), parmi les immigrants francophones africains, les Camerounais étaient les plus nombreux à obtenir les permis permanents pour s’installer en Alberta. Ces nouveaux arrivants s’ajoutent à un bon nombre d’immigrants déjà installés en Alberta, de façon toujours plus importante depuis 2006. Les organismes travaillant avec les nouveaux arrivants estiment ce nombre d’immigrants autour de 1500 personnes. La composante migration interprovinciale est surreprésentée parmi ces immigrants.

Il existe plusieurs associations camerounaises

Les principales sont l’Association camerounaise d’Edmonton et l’Association camerounaise de Calgary/Cameroonian association of Calgary qui regroupent les immigrants camerounais des deux grandes villes de l’Alberta.

Outre les fêtes religieuses habituelles, quelques fêtes nationales célébrées sont:

  • 11 février : fête de la jeunesse
  • 20 mai : fête nationale de l’unité

Références

BUNDY, K., R. MEANS and A. WILDING. "Cameroon." Salem Press Encyclopedia (2014): Research Starters.

DONGMO, J.-L. [b1] (analytic), F. []a1 BART, and B. []a1 CALAS. "La Géographie Camerounaise Face Au Défi De La Transversalité (French)." Les Cahiers D'outre-Mer 65.259 (0001): 417-436. FRANCIS.

LASSEUR, M. « Islam et christianisme en mouvement : mobilités géographiques et changement religieux au Cameroun », Espace populations sociétés [En ligne], 2010/2-3 | 2010. URL : http://eps.revues.org/4079

TCHAWA, P. [b1] (analytic), F. []a1 BART, and B. []a1 CALAS. "Le Cameroun : Une Afrique En Miniature ? (French)."

Les Cahiers D'outre-Mer 65.259 (0001): 319-338. FRANCIS.



La République Démocratique du Congo

Deux pays, la République démocratique du Congo et la République du Congo, font partie de l’Afrique centrale. Avant la période coloniale, d’iimportantes parties de ces deux pays faisaient partie de l’ancien royaume Kongo. Comment les distinguer ? Les deux pays ont les deux capitales les plus proches du monde, séparées par le fleuve Congo, Kinshasa (pour la RD Congo) et Brazzaville (pour la République du Congo). Sous leurs formes actuelles, la RD Congo a été colonisée par la Belgique et la République du Congo par la France. Dans cette documentation, il est question de la RD Congo.

Bref aperçu géographique et historique

La République Démocratique du Congo (RDC) est située dans le grand bassin du fleuve Congo. Elle est le 2ème pays plus vaste d’Afrique (après l’Algérie) avec une superficie 2345000 km2 et dont la capitale est Kinshasa. Elle a 9 pays qui limitrophes dont : la République Centre Africaine et le Soudan du Sud au nord ; l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie à l’est ; la Zambie et l’Angola au sud et le Congo (Brazzaville) à l’ouest. Le pays est traversé par le fleuve Congo, 2ème plus long fleuve africain (4700 km) après le Nil. Ce fleuve Congo a une importance économique capitale tant pour l’eau que pour l’électricité. Avec ses affluents, il constitue 14 166 km de voie navigable. Au niveau climatologique, le Congo est un pays chaud et humide avec une pluviosité abondante toute l’année et ayant 2 saisons : la saison sèche et la saison des pluies. Les températures moyennes annuelles vont rarement en deçà de 20 degré Celsius.

La faune et la flore de la RD Congo sont riches et variées. Elle regorge d’espèces uniques telles que l’Okapi et le Paon du Congo. Sa flore comporte 8000 à 10 000 sortes des plantes et une variété des bois exceptionnels. La végétation de la RD Congo est aussi très variée, avec une forêt équatoriale couvrant 125 millions d’hectares. Ce qui constitue 6% des réserves tropicales mondiales. La géographie économique de la RDC est considérée par plusieurs chercheurs comme un scandale géologique. Un sous-sol riche en ressources naturelles et minérales, une terre arable sur 80% du territoire.

Avant l’arrivée des explorateurs européens en 1482, cette partie de l’Afrique était occupée par différents royaumes bien structurés politiquement, économiquement et socialement tels que : le royaume Kongo, Kuba, Luba, Lunda… C’est lors de la conférence de Berlin en 1885 que la RDC connut ses limites frontalières actuelles, cette partie fut remise au roi des belges Léopold II comme sa propriété privée sous l’appellation de l’Etat Indépendant du Congo. En 1908, l’administration de cet état indépendant fut remise au parlement belge par legs du roi Léopold II et devint Congo-Belge. Le 30 juin 1960 cette ancienne colonie accéda à la souveraineté internationale avec des leaders panafricanistes comme Joseph Kasa-vubu (1er président de la jeune nation), Patrice Emery Lumumba (1er premier ministre). Entre 1960 et 1965 ce pays traversa des zones des turbulences sans précédent. Guerres, rébellions, sécessions et les institutions étatiques presque inexistantes.

Plusieurs gouvernements se succédèrent sans succès. Le 24 novembre 1965 Joseph-Désiré Mobutu réalisa un coup d’Etat et imposa pendant 32 ans une dictature féroce. En mai 1997, une rébellion menée à partir de l’est du pays sous Laurent chassa Mobutu du pouvoir. Kabila sera assassiné 4 ans plus tard et sera remplacé par son fils.

Religion

Le Congo est constitutionnellement un état laïc. La religion occupe cependant une place importante dans la vie du Congolais. Cela se confirme par la prolifération des églises dites de réveil aux côtés des églises dites classiques qui sont le catholicisme, le protestantisme, l’islam, kimbanguisme. Une bonne partie de la population garde encore ses croyances religieuses traditionnelles. Le christianisme est la première religion du pays. L’église catholique vient en tête avec un plus grand nombre des fidèles, suivi des protestants et les kimbanguistes et des musulmans.

  • Christianisme (Total) - 90%
  • Catholicisme - 50%
  • Protestantisme - 35%
  • Islam - 5%
  • Autres - 5%

Structure sociale, famille

La famille est la cellule de base de la société congolaise. La notion de la famille est élargie. Elle inclut frères, sœurs, cousins, neveux et tous les proches parents sous l’autorité du père. Ce qui indique que dans cet ensemble la femme est une personne de second rang et l’homme est généralement considéré comme le chef de famille. Cette situation a créé un faible taux de scolarité et, en conséquence, un niveau d’analphabétisme plus élevé pour les femmes. Les relations familiales sont régies par les coutumes et les traditions qui varient suivant les ethnies. Dans le contexte urbain et moderne ces rapports évoluent et la femme occupe un espace de plus en plus important dans la société.

Ethnicité et langues

La République démocratique du Congo est un pays multiethnique. Avec plus de 250 tribus regroupées en petits groupes, le Congo compte à peu près 450 langues vernaculaires. Les ethnies peuvent être classifiées en 5 catégories qui sont notamment:

  • Les bantous qui constituent environ 80% de la population
  • Les soudanais
  • Les nilotiques
  • Les Chamites
  • Les pygmées, premiers occupants du pays.

Sur le plan linguistique, à côté de ces langues vernaculaires, le français est la langue officielle utilisée dans le secteur de l’éducation, l’administration publique, l’administration de la justice et le parlement. Etant donné la taille de sa population (environ 70 millions), la RDC est le plus grand pays francophone dans le monde. Il faut reconnaitre cependant reconnaitre que la capacité de parler le français dépend du fait que l’origine rurale ou urbaine des individus.

Quatre langues nationales sont utilisées dans différentes provinces : le Kikongo (Bas-Congo, Bandundu, le Lingala (Kinshasa, Equateur), le Tshiluba (kasai-Orientale et Kasai Occidentale) et le Swahili (province Orientale, Kivu Sud et Nord, Maniema, Katanga). Ces 4 langues nationales peuvent aussi être utilisées dans l’administration de la justice et au parlement. L’Etat les promeut dans les médias.

La constitution protège les langues vernaculaires. Elles exercent une fonction d’intégration et d’identification des communautés locales. On peut identifier les langues maternelles parlées par les jeunes si on connait leurs régions de provenance en RD Congo.

Nourriture

Les habitudes alimentaires sont variées et spécifiques aux ethnies ou régions. Les ethnies des bords des grandes rivières par exemple utiliseront plus le poisson, celles vivant dans la forêt se contenteront du produit de la chasse et de l’agriculture ; et dans les grandes villes, c’est plutôt le mélange. On tente de conserver sa culture alimentaire tout en dégustant très souvent les cuisines d’autres ethnies voire la cuisine internationale. La nourriture de base est la pâte de la farine de manioc (le fufu) ou de maïs accompagnée soit avec les légumes (diversité des légumes au Congo) soit avec les poissons ou la viande. Les plats les plus connus sont le Pondu (feuille de manioc préparé à l’huile), le fufu (pate de manioc), les makemba (la banane plantain), le kwanga (chikwangue) qui peuvent se faire accompagner avec le poisson, la viande etc. Tous ces produits sont disponibles à Edmonton dans les épiceries africaines sur la 107ème avenue ou sur la 118ème avenue (nord).

Éducation et alphabétisation

Le système d’éducation est proche de celui de la Belgique. Il est reparti en trois cycles : primaire (1ère-6ème), Cycle d’orientation (7ème-8ème), secondaire (9ème-12ème). Le cycle d’orientation vise à aider les élèves à choisir les choix d’études au niveau secondaire. Les études secondaires sont réparties en plusieurs options : scientifique biologie-Chimie ou math-physique, littéraire latin-Philosophie, commerciale, mécanique auto, mécanique électricité, agriculture, sociale etc. Toutes ces options préparent les élèves à des choix précis au niveau postsecondaire dépendamment des points obtenus à l’examen national (examen d’état). Dans ce parcours le rôle de l’école est déterminant. Les parents interfèrent très peu avec les enseignants en ce qui concerne les travaux scolaires mais beaucoup plus en termes de frais scolaires. Dans l’arrière-pays, le système de pensionnat (internat) est encore prédominant. Les élèves sont pris en charge par l’école moyennant payement des frais par les parents. Le taux d’alphabétisation est de 66 % pour la population de 15 ans et plus. Les troubles sociaux de ces dernières années contribuent à maintenir ce taux encore bas.

Les immigrants Congolais

Les immigrants congolais constituent le premier groupement francophone immigrant africain en Alberta. La plupart de ces immigrants sont arrivés à travers des flux interprovinciaux et certains sont directement arrivés de l’Afrique du Sud, de l’Europe ou des camps de réfugiés via les pays de l’Afrique de l’Est: Kenya, Tanzanie, Ouganda etc. la ville d’Edmonton compte près de 5000 de ces immigrants; un peu plus que 5000 sinon le même nombre des Congolais vit à Calgary; d’autres sont installés dans les petites villes albertaines (Brooks, Medicine Hat, Lethbridge, etc.). En 2012 et 2013, les immigrants congolais figuraient parmi les plus importants groupes admis comme résidents permanents en Alberta. Les premiers groupes de ces immigrants se sont installés dans la région au début des années 80. Le groupe s’est fortement agrandi au milieu des années 2000. La taille moyenne des familles de ces immigrants est de 5 personnes. La plupart de ces immigrants sont actifs dans des associations communautaires francophones. Plusieurs enfants de ces immigrants fréquentent l’école francophone et en constituent parfois la majorité.

Outre les fêtes traditionnelles (nouvel an, noël, paques)

Les quelques fêtes nationales congolaises sont:

  • 4 janvier Martyrs de l’indépendance
  • 16 janvier Assassinat de Laurent Désiré Kabila
  • 17 janvier Assassinat de Patrice Emery Lumumba
  • 30 avril Fête de l’enseignement
  • 30 juin Indépendance
  • 1er aout Fête des parents


Ressources communautaires

Les Congolais d’Edmonton sont organisés en deux associations communautaires : Association de la Communauté Congolaise d’Edmonton et la Société Unie de la RD Congo; A Calgary, une organisation est connue : la Congolese Association Of Calgary DRC (CAC);Outre ces associations communautaires, les églises créées par les pasteurs congolais sont des lieux de regroupements importants où plusieurs activités de solidarité s’organisent. Parmi ces églises, on peut citer:

  • A Edmonton: Jerusalem City Church, Peniel Christian Assembly, Trumpet of Christ, etc. (Edmonton)
  • A Calgary: Life of Faith Christian Church of Calgary (530-60 Av SE), Cité de Réveil, 3030- 28 Str SE), etc.

A Edmonton, comme pour les autres communautés, les produits alimentaires et les produits de beauté sont disponibles dans plusieurs magasins situés sur la 107ème avenue (Centre-ville) et sur la 118ème avenue (Au nord);
A Calgary, il existe quelques magasins comme AL Diaspora Africaine Super Market (5120-20 SE), The Choosen Africaine (Memorial Dr NE et 68 Str.), God Gloria (Marlborough SE), Afro Africane (17 Av et 35 Str). Il y a aussi deux restaurants bien connus: Karibu Lounge Grill et Kin Malibu.

Sources

Autres ressources disponibles dans les petites villes albertaines

Comme indiqué au début de ce document, de plus en plus d’immigrants francophones s’installent dans les petites villes albertaines. Par exemple, la ville de Brooks a depuis le début des années 2000 attiré un important nombre de Congolais arrivant principalement de Sherbrooke (QC), pour des raisons professionnelles. Plusieurs autres immigrants venant du Cameroun et d’autres pays francophones africains s’y sont aussi installés. La même tendance s’observe aussi à Lethbridge, Red Deer, Grande-Prairie Fort McMurray. Dans la plupart des cas, le petit nombre d’immigrants fait qu’il n’existe pas vraiment d'associations communautaires par pays vraiment crédibles dans ces petites villes. Les quelques ressources communautaires existantes sont accessibles à tous et certaines sont anglophones, comme dans les grandes villes :

Brooks:

  • Association Francophone de Brooks (Tel 403-3620405): aide aux devoirs, activités récréatives pour enfants
  • Mel (Centre-ville) : produits africains (nourriture, produits beauté, coiffure)
  • Discount : Location des voitures

Fort MacMurray:

  • All Nations Supermarket : les produits africains (nourriture, produits beauté, coiffure)
  • African Variety: les produits africains (nourriture, produits beauté, coiffure)
  • CAE: Accueil et installation des nouveaux arrivants

Grande Prairie:

  • Centre des nouveaux arrivants de Grande Prairie : Accueil et installation des nouveaux arrivants
    Tel. 780 538 4452.

Lethbridge:

  • ACFA régionale de Lethbridge. La Cité des Prairies 2104, 6e avenue sud. Lethbridge, Alberta T1J 1C3. T 403 328-8506: autres informations utiles à l’accueil et à l’installation
  • Vestelyn Varieties : pour les produits de beauté et la nourriture

Red Deer:

  • Flekky African Market : produits africains (nourriture, produits beauté, coiffure)
  • Magasins philippins (point de ravitaillement complémentaire)
  • ACFA régionale de Red Deer. #16, 7464 Gaetz Ave (Aladdin Plaza) Red Deer, Alberta : autres informations utiles à l’installation

 


Quelques repères sociaux et culturels à l’intention des enseignants

Importance de l’éducation

Pour les familles venant des pays considérés dans ce document, la réussite scolaire des enfants est un motif de fierté. Bien que les parents ne soient pas toujours présents dans les activités sociales ou scolaires impliquant leurs enfants, ils y accordent une grande importance ; car plusieurs considèrent la réussite de leurs enfants comme la raison principale de leur choix d’immigrer au Canada.

Profil des élèves

Le profil des élèves dépend des régions et lieux directs d’origine. Pour les jeunes venant de milieux urbains et des régions non en contexte de guerres, l’éducation de base est en général continue et s’effectue en français même si, toutefois, la langue française peut connaitre quelques variations.

La majorité d’enfants issus de l’Afrique centrale ont séjourné dans une autre province (surtout Ontario, Québec) avant de venir en Alberta. Plusieurs d’entre eux sont nés ici ou sont arrivés par la réunification familiale en suivant un premier parent immigrant. Si leurs parents ou eux-mêmes sont des réfugiés, ils ne viennent pas nécessairement des camps de réfugiés. Ils viennent parfois de grandes villes africaines, ont eu une vie régulière et leurs parents sont devenus des réfugiés pour des raisons politiques ou autres. Dans le cas des jeunes venant des zones de guerres ou camps de réfugiés, l’éducation de base peut avoir connu des interruptions plus ou moins longues dépendamment du temps de séjour dans un camp de réfugiés. Pour ces jeunes, probablement que la connaissance de la langue maternelle d’origine est plus avancée.

Donc, tous les enfants ne sont pas des réfugiés et ne viennent pas tous des camps des réfugiés. Il est important de connaitre le parcours migratoire de l’élève pour déterminer les défis particuliers qu’il peut connaitre: pays d’origine, pays de transition, langue d’apprentissage, langue maternelle, durée de résidence au Canada, etc.

Culture scolaire

Dans le cas des quatre pays présentés, la culture des systèmes scolaires locaux est telle que l’implication des acteurs scolaires est déterminante dans la réussite scolaire. Le professeur est la meilleure chance de réussite pour tout jeune. Ils attribuent à l’enseignant un grand rôle. Dans leurs systèmes scolaires d’origine, les parents transfèrent à l’enseignant ou à l’école leur autorité pendant toute la période de la scolarisation de l’enfant et interfèrent très peu. Ceci peut susciter une certaine incompréhension par rapport au système scolaire canadien dans lequel le parent est un partenaire important dans le projet d’éducation du jeune. Être capable de répondre aux questions des élèves est ce qui aide le plus parce que, très probablement, ils n’auront pas nécessairement un appui pour compléter leurs devoirs à domicile. Donc disposer des heures supplémentaires pour ces élèves peut parfois être nécessaire.

Familles et valeurs

Généralement, tous se font une idée élargie de la famille qui inclut les parents et proches parents. Les familles immigrantes sont généralement de grande taille et incluent parfois des enfants de proches parents qu’il est parfois difficile de distinguer de ses propres enfants. Dans l’ensemble, ces familles cultivent des valeurs que l’on retrouve dans l’ensemble des pays couverts dans cette documentation : la politesse des enfants, le sens d’écoute des personnes adultes, le sens de la famille, le respect vis-à-vis de l’autorité, le respect vis-à-vis des ainés, etc. L’enseignant est considéré comme une personne digne de respect. Parfois on apprend aux enfants de parler aux autorités avec des bras croisés, en évitant de les fixer dans les yeux.

Organisation sociale locale

La plupart des immigrants de ces pays se sont organisés en associations (incluant quelques églises, dans certains cas) qui jouent un rôle important dans leur vie sociale et communautaire. La plupart de ces familles sont croyantes et ne sont pas nécessairement catholiques. Dans plusieurs cas, les structures les structures communautaires (Centres d’accueil et d’établissement ou d’autres organismes communautaires, les associations par pays d’origine, les églises etc.) peuvent servir de relais dans leurs relations avec la communauté ou les institutions d’accueil. Ces aspects communs puisent aussi dans les spécificités qu’il est important de comprendre pour mieux interagir avec ces familles ou avec leurs jeunes.

Quelques sujets sensibles

Quelques aspects peuvent être tabous : des aspects relatifs à l’orientation sexuelle, à la sexualité pour la plupart de ces familles immigrantes, aux rapports interethniques au Rwanda et au Burundi.


Fiches pédagogiques

Dans les premières semaines après son arrivée au Canada, un immigrant, surtout s’il arrive durant la saison froide, doit se procurer les vêtements nécessités par le climat d’ici. Il doit se trouver un endroit où loger, du moins temporairement; se familiariser avec les moyens de transport publics dont les règlementations peuvent être fort différentes de chez lui; se procurer une nourriture qui n’est pas celle à laquelle il est habitué. Cet apprentissage se complexifie s’il est venu avec sa famille.

Dans le document, Teaching Somali Immigrant Children Resources for Student Success,
Kelsey Franklin, Sarah Jane Lees et Jill Munro ont développé un matériel de travail que nous suggérons. Ce matériel propose quelques activités qui touchent différents aspects biographiques du jeune lui-même : sa famille, son réseau social et des éléments culturels à travers lesquels il est possible de reconstituer son parcours migratoire. La reconnaissance de ces différents aspects peut l’aider à établir les repères qui lui permettent de naviguer entre sa culture d’origine et la culture d’accueil. Elle aide aussi l’enseignant à mieux connaitre le jeune et les défis possibles qui le guettent, à développer chez lui un sentiment d’appartenance par la valorisation de quelques-uns de ses acquis.
Les activités sont réparties suivant le niveau scolaire de l’élève. Celles nécessitant un peu plus de maturité sont proposées aux jeunes du niveau secondaire.

 

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